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Lettre ouverte au Président du Sénégal, Macky Sall

Lettre ouverte au Président de la République Macky Sall

macky sall

Son Excellence Monsieur le Président de la République,

Permettez-moi d’abord de vous adresser de sincères salutations. En effet, la Grande Nation Sénégalaise vous a témoigné sa confiance en vous confiant son avenir à 65 % de voix. Un chiffre qui rassure dans un continent habitué à des coups d’Etats militaire, ou soulèvements populaires,  ou à des scores davantage folkloriques.

Etre Président de la République du plus grand pays comme le Sénégal, revêt une triple importance :

- Par le devoir de rendre le sourire et la confiance à votre peuple, par le dialogue et la concorde pour que la paix et la stabilité règnent dans notre chère patrie
- Par l’influence que votre seul nom assoie sur le monde Arabo-islamique;
- Pour les relations que vous souhaiteriez prendre avec toutes les nations du monde sans exception, pour une paix durable, pour une émergence socio-économique réelle des peuples.

Selon des informations qui nous parviennent de Votre éventuelle décision de vouloir envoyer des soldats Sénégalais pour combattre aux côtés des saoudiens contre le Yémen.

Excellence Monsieur le Président de la République, chef suprême des armées

Cette guerre injuste que mène l’Arabie Saoudite contre le Peuple innocent yéménite n’est pas la nôtre, ni sur le plan géopolitique ni géostratégique. Si vous le faites les sénégalais dans leur écrasante majorité vous demanderons  pourquoi leurs soldats iraient mourir dans une guerre qui n’est pas la leur et qui se situe a des milliers de kilomètres de leur pays et que peu d’entre eux connaissent. Alors que   Vous aviez refusé en premier lieu de tout envoi de soldats sénégalais au Mali, pays frère et premier partenaire commercial du Sénégal pour le soutenir dans sa lutte contre l’occupation de son territoire par des groupes terroristes et n’eut été la demande française vous n’alliez pas revenir sur votre décision. Vous avez également refusé d’engager les troupes sénégalaises  dans le contingent de soldats retenus par l’Union Africaine pour combattre le Bokko Haram au Nigeria, au Cameroun, au Niger  et au Tchad plus proche du Sénégal sur le plan social, culturel, religieux, linguistique, etc.

Rares sont ceux qui ont pris le temps de se poser une question fondamentale : cette guerre est-elle légale ?

Il y a plus d’un mois, une coalition de pays menée par l’Arabie saoudite a commencé à bombarder le Yémen pour chasser un groupe dit rebelle soutenu par l’Iran qui a pris le contrôle de Sanaa, la capitale du Yémen, à la fin de l’année dernière. Les bombardements ont fait des centaines de morts, dont de nombreux civils.

L’Arabie  Saoudite a prétexté que ces attaques étaient une manière de venir en aide à son voisin sur une demande exprès de son dirigeant, ce qui est légal en vertu du droit international.

Le président yéménite Abdu Rabo Mansour Hadi avait en effet demandé une intervention, car son régime était menacé par les rebelles du mouvement houti dit t-il.

Mais M. Hadi a dépassé la durée de son mandat, il a déjà démissionné et il a même quitté le pays. Sa légitimité est donc discutable et la légalité de l’opération militaire de l’Arabie saoudite n’est donc pas évidente. 
Les exemples de gouvernements demandant du soutien pour une opération militaire sur leur territoire ne manquent pas. L’Irak a ainsi récemment demandé l’aide des États-Unis pour combattre le groupe autoproclamé État islamique. Le droit international considère ce genre d’intervention comme légal.

Mais le cas du Yémen est moins évident. M. Hadi avait depuis longtemps perdu le contrôle de grandes parties de son pays. Les troupes d’Ansarullah  houthi — un courant zaïdiste (Branche Chiite), qui s’opposait de manière récurrente au gouvernement depuis des années — s’étaient emparés de Sanaa en septembre et une grande partie de l’armée n’obéissait plus à M. Hadi.

Le mandat démocratique de M. Hadi n’était pas non plus très solide. Il avait gagné les élections de 2012, auxquelles il était le seul à se présenter après les manifestations du printemps arabe qui avaient entraîné la chute d’Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis de longues années. Son mandat devait se terminer par des élections véritablement démocratiques en février 2014, mais il avait été prolongé d’un an sans scrutin. 

En janvier, M. Hadi avait annoncé sa démission avant même la fin officielle de son mandat, lorsque les houthi s’étaient emparés du palais présidentiel.

Après avoir fui Sanaa pour se réfugier dans la ville portuaire d’Aden, il était revenu sur son annonce, affirmant qu’elle avait été prononcée sous la contrainte. Puis, peu après avoir appelé à une opération militaire, il a quitté le pays et s’est installé en Arabie saoudite, où il demeure encore à l’heure actuelle.

De ce fait, pourrons-nous interroger sur la légalité du président Hadi pour une demande d’intervention, le fait qu’il ait démissionné n’invalide t-il pas son consentement ? 

 Si M. Hadi se trouvait toujours à Sanaa et n’avait affaire qu’à une rébellion relativement modeste, il pourrait probablement consentir à ce que d’autres États interviennent pour l’aider. Cela n’est pas vraiment sujet à controverses du point de vue du droit international.  Mais moins l’auteur de la demande a le contrôle, plus sa demande prête à controverse. En l’occurrence, le pays semble hors de contrôle.  

Mais la reconnaissance internationale demeure un arbitrage de poids en géopolitique.

La justification de l’invasion par M. Hadi ne fait que compliquer les choses. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations Unies pour demander une intervention militaire, il a invoqué l’article 51 de la Charte des Nations Unies, qui donne aux pays le droit à l’autodéfense, y compris collective. Mais l’article 51 régit les conflits internationaux et non nationaux.

« L’article 51 est applicable lorsqu’un État fait usage de la force sur le territoire d’un autre État ou pour répondre à une attaque de l’extérieur. Ce n’est pas le cas ici ». Il s’agit d’un conflit entre le gouvernement du Yémen et un groupe dit rebelle important à l’intérieur du pays — cela n’a rien à voir avec l’article 51. 

Est-ce qu’un régime comme celui d’Arabie Saoudite peut-il prétendre instaurer la démocratie et la légitimité ?

 L’Arabie saoudite a décrit ce conflit comme une menace sous-régionale à sa propre sécurité. Alors que les troupes d’Ansarullah- houthi ne représente pas de menace contre les pays voisins pour justifier une intervention militaire, surtout que d’autres techniques telles que des sanctions ou une médiation n’ont pas encore été testées. Et depuis le début de cette agression saoudienne contre le peuple Yéménite aucune balle n’est tirée en direction du territoire saoudien. Donc, qui des deux Saoudiens ou Yéménite représente une menace pour l’autre ?

Excellence Monsieur le Président de la République

Vous devrez vous inspirez de la position des États-Unis qui n’apportent qu’un soutien logistique disent t-ils  à la campagne de bombardement, celle de l’Egypte qui a dit à haute voix que son Armée est faite pour défendre les intérêts des égyptiens ainsi que celle du Pakistan dont les députés ont voté à l’unanimité pour une résolution selon laquelle le Pakistan devrait maintenir la neutralité par rapport au conflit yéménite pour être capable de jouer un rôle diplomatique proactif de résolution de la crise et non de combattre a coté des saoudiens contre le Yémen pays jugé parmi les 20 plus pauvres au Monde.

Excellence Monsieur le Président de la république

Pourquoi n’avez-vous pas pris le temps de demander la raison de la réticence de ces grands pays beaucoup dont les armées sont beaucoup plus puissantes et plus équipées que notre vaillante armée sénégalaise ?

En guise de rappel historique, en 1962, Arabie saoudite, avec en arrière-plan les Soviets et les Américains. L’imam appartenait à la secte chiite des Zaydis, la même que celle des Houthi, que Saoudiens et Egyptiens combattent aujourd’hui. Une “armée panarabe” dirigée par L’Egypte avait essayé d’envahir et d’occuper le Yémen, Le Président Jamal Abdel Nasser, d’Egypte  a été contraint, de retirer son armée de plus de 50 000 hommes de ce qui était devenu le “Vietnam de l’Egypte” comme il l’a lui-même tristement reconnu plus tard.

Le Général Sissi président d’Egypte, est particulièrement réticent, du fait qu’il a été élevé dans le souvenir de la défaite humiliante de l’Egypte lorsqu’elle a tenté de soumettre le Yémen. L’Egypte, qui a perdu 25 000 hommes durant cette guerre et a vu son économie s’effondrer. Sans parler de la catastrophique défaite de 1967 face à Israël.

En 2009,  l’incompétence de l’armée saoudienne a été révélée au grand jour lorsque leur importante offensive contre les Houthi de long de la frontière Arabie Saoudite/ Yémen a été repoussée et que, dans la contre-offensive qui a suivi, les combattants Houthi, légèrement armés, ont pénétré jusqu’à 60 kilomètres et ont parvenu à conquérir ainsi  un grand morceau de territoire saoudien.

Les problèmes au Yémen ne viennent pas d’une opposition entre chiites et sunnites ou entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Ils ne viennent pas de Barack Hussein Obama, dont l’administration est restée assise sur le banc de touche et de regarder la famille royale saoudienne se lancer dans cette aventure insensée dont les répercussions ne seront que bénéfiques pour l’Amérique et faciliteront l’exécution du plan machiavélique élaboré en vue de dislocation   de l’Arabie saoudite.

Les problèmes au Yémen viennent tous de conflits tribaux qui remontent à des siècles, et la seule façon de les résoudre est d’entamer un long et fastidieux processus de négociations. En 1990, un accord de paix qui aboutissait à la réunification du Yémen avait vu le jour avec beaucoup de difficulté.

Les Saoudiens lancent cette guerre contre le peuple yéménite par orgueil et arrogance, mais aussi par une sorte de paranoïa : ils craignent soi-disant d’être encerclés par un anneau “d’ennemis chiites menés par l’Iran”, c’est, du moins ce que voudraient nous faire croire certains médias occidentaux et arabes.

Les Houthi, qui en peu plus  d’être perpétuellement négligés par le gouvernement yéménite et qui voulaient en finir avec une politique qui engendre des famines au Yémen, ont conclu un accord avec l’ancien Président Ali Abdallah Saleh, dont le fils dirigeait l’armée yéménite à l’époque de l’accord que l’Arabie Saoudite et les États du Golfe ont fait avaler de force aux yéménites, il y a deux ans, et ont lancé une offensive pour s’emparer du pays.

Depuis le début les Houthi réclament des négociations tout en disant clairement qu’ils ne permettront pas aux Wahhabites “d’Al-Qaida et de l’dans la péninsule arabique” et ‘’Etat Islamique’’ principalement composés de fanatiques saoudiens en exil de se maintenir au Yémen.

D’après les nouvelles, la guerre fait rage à la frontière Yémeno- saoudienne, et il est intéressant de noter que l’armée saoudienne n’a pas encore fait là de progrès sérieux. Etant donné que la majeure partie des combattants Houthi se sont regroupés pour prendre d’assaut Aden dans le sud pétrolifère du Yémen, la tentative militaire saoudienne d’envahir le cœur du territoire Houthi n’est pas très concluante.

À ce stade, l’armée saoudienne se livre surtout au massacre aérien du peuple sans défense du Yémen et à la destruction sytèmatique de toutes les infrastructures du pays. Si et quand l’offensive terrestre promise commence sérieusement, on verra des milices Houthi aguerries se battre contre une armée prétendument panarabique qui a peu d’expérience de la vraie guerre. Avec, en face d’elle, des guerriers qui défendent leurs maisons et leurs familles, comme les Viet Kong au Vietnam, l’Arabie saoudite et ses acolytes vont  se retrouver dans un bourbier yéménite, qui sera leur “Vietnam”.

Excellence Monsieur le Président de la République

Et Président du Comité pour la Défense des Droits Inaliénables du peuple palestinien

Vous devez insister beaucoup sur l’Arabie Saoudite, afin qu’elle n’abandonne pas la Cause palestinienne  ouvrant ainsi la voie à l’Israël  de tuer, de démolir, et d’exproprier davantage de palestiniens. Alors que la Palestine mérite  plus d’égards et d’attention particulière plus que tout moment.

J’attire votre attention sur le fait que tous les groupes terroristes à travers le monde qui sèment la mort et la désolation partout ils sont, sont issus du Wahhabisme qui est la religion d’Etat en Arabie Saoudite. Pour ne citer qu’ Al Qaida, En Afghanistan, groupe Etat islamique en Irak et en Syrie, Front Al Nosra en Syrie, Boko Haram au Nigeria, les Shababs en Somalie, Ansaru Beit-el Moqades en Egypte, Ansarou Dine, Mojao au Mali voisin etc. Tous  se réclament du Wahhabisme-salafisme-jihadisme.Des produits finis de cette Arabie saoudite à qui vous voulez porter secours. Ne nous voilons pas la face.

Excellence Monsieur le Président de la République

La véritable raison de cette guerre est l’échec de l’Arabie saoudite et la perte de son emprise sur ce pays. Les Saoudiens ont réalisé qu’ils ne peuvent plus parier sur leurs valets dans ce pays, ils ne peuvent plus compter sur les  Wahhabites- Salafistes-Takfiristes (vaincus dans plusieurs régions), le Yémen appartient désormais à son peuple. L’Arabie ne peut pas supporter ce choix. La véritable motivation de cette guerre est la reprise du contrôle de ce pays et point à la ligne.
En conséquence, Je demande solennellement à Votre excellence et au nom de toutes celles et ceux  qui sont contre cet envoi de troupes sénégalaises au Yémen de sursoir à de telle décision qui ne fera qu’exacerber  des tensions inutiles et de lourdes conséquences sur la oummah islamique mais également dans le monde entier qui est devenu un village inter planétaire.

Chérif Mballo

Chercheur-Directeur du Centre islamique de Recherche et de Documentation

Président-fondateur du Mouvement Ali Yacine

mballosherif@yahoo.fr

Dakar-Sénégal

Des propos de l’Imam Ali

Des propos de l’Imam Ali

 

Nahju-l-balâgha (15)

 

*الكَظْمُ ثَمَرَةُ الحِلْمِ

* La maîtrise de la colère est le fruit de la Patience.

السَّخاءُ خُلُقُ الانبياءِ

La générosité est le trait caractéristique des Prophètes de Dieu

 الغَضَبُ عَدُوٌّ فلا تُملِّكْهُ نَفْسَكَ

* La colère est un ennemi, ne la laisse donc pas t’asservir

مَنْ أبْصَرَ عَيْبَ نَفْسِهِ لَمْ يَعِبْ أَحَداً

Qui voit son défaut, ne cherche jamais les défauts d’autrui.

 البَخيلُ حازِنٌ لِوَرَثَتِهِ

* L’avare est le trésorier de ses héritiers.

السَّامِعُ شَريكُ القائِلُ

Celui qui écoute une médisance est le complice (l’associé) de celui qui la dit.

 

 سَامِعُ هَجْوِ القَوْلِ شَريكُ القائِلِ

Celui qui écoute une  moquerie  (contre quelqu’un) est l’associé de celui qui la prononce

  سَامِعُ الغيبَةِ اَحَدُ المُغتابيْنِ 

L’auditeur d’une médisance est l’un des deux médisants (celui qui médit et celui qui écoute)

ساعَةُ ذُلٍّ لا تََفي بِعِزِّ الدَّهْرِ

La puissance et la dignité de toute une vie ne suffisent pas à effacer l’humiliation d’une heure

  ثَمَرَةُ العِلْمِ مَعْرِفَةُ اللَّهِ 

Le fruit de la Science est la connaissance d’Allah

ثَمَرَةُ الايمانِ الفَوْزُ عِنْدِ اللَّهِ

Le fruit de la Foi est  la réussite auprès  d’Allah.

Message Imam Khamenei aux jeunes de l’occident

Aux jeunes d’Europe et d’Amérique du Nord
21/01/2015

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au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux

Message imam Khamenei
Aux jeunes d’Europe et d’Amérique du Nord

Les événements récents survenus en France ainsi que d’autres faits similaires dans certains pays occidentaux m’ont convaincu de vous écrire ce message. J’ai choisi de m’adresser à vous directement non pas par une volonté délibérée d’ignorer vos parents, mais parce que le futur de vos pays est entre vos mains, et que la quête et recherche de la vérité anime davantage vos cœurs. De même, je ne cherche pas ici à m’adresser aux responsables politiques car je pense qu’ils ont, de façon consciente, séparés les chemins de la politique de ceux de l’honnêteté et de la franchise.
Le sujet que je souhaite aborder ici avec vous est l’islam, et plus spécifiquement le visage qui vous en est présenté. Depuis deux décennies, c’est-à-dire peu après l’effondrement de l’Union soviétique, tout a été fait pour présenter cette religion comme un ennemi qu’il faudrait craindre. L’attisement des sentiments de peur et de haine et leur utilisation dans des buts peu louables ont malheureusement un long passif dans l’histoire politique de l’Occident. Il n’est pas question ici d’évoquer les phobies diverses qui ont pu être véhiculées au sein des nations occidentales. En parcourant rapidement les études historiques actuelles, vous pouvez vous-mêmes vous rendre compte que les recherches historiographiques récentes effectuent une critique conséquente du rôle des Etats occidentaux dans la falsification de l’image des autres nations et cultures. L’histoire de l’Europe et des Etats-Unis est marquée par la honte de la période de l’esclavage puis celle de la colonisation, ainsi que par tout un ensemble d’oppressions et d’injustices commises vis-à-vis des personnes de couleur ou de croyances différentes. Vos chercheurs et vos historiens ont consacré de nombreuses études critiques aux effusions de sang commises au nom de la religion lors des dissensions entre catholiques et protestants, ou encore au nom de la nation ou de l’ethnie durant les Première et Seconde Guerres mondiales.
Le fait de reconnaître de tels faits mérite en soi d’être loué. Je ne souhaite cependant pas ici dresser un inventaire de cette longue liste d’événements regrettables, mais plutôt vous inviter à poser à vos intellectuels la question suivante : pourquoi, en Occident, la conscience collective se réveille toujours avec plusieurs décennies, si ce n’est plusieurs siècles de retard ? Pourquoi l’examen de cette conscience collective doit-il être exclusivement tourné vers des réalités appartenant à un passé lointain, et passer sous silence les questions actuelles ? Pourquoi cherche-t-on à empêcher la formation d’une réflexion générale au sujet d’une question aussi importante que celle de la façon d’aborder et de traiter la culture et la pensée musulmanes ?
Vous savez bien que l’humiliation et le fait de susciter des sentiments de haine et de peur vis-à-vis de “l’autre” constituent le terreau commun à l’ensemble des entreprises de domination fondées sur l’oppression. Je souhaite maintenant que vous vous demandiez pourquoi cette fois-ci, la vieille politique de fomentation de la peur et de la haine a pris l’islam et les musulmans comme objectif, et ce avec une intensité sans précédent. Pourquoi dans le monde actuel, le système du pouvoir souhaite-t-il reléguer la pensée islamique à la marge et la confiner à un rôle passif ? L’islam comprendrait-il des pensées et valeurs qui viendraient contrarier les ambitions des grandes puissances ? Quels intérêts dessert la diffusion de représentations erronées au sujet de l’islam ? Mon premier souhait est donc que vous vous interrogiez au sujet des éléments motivant une telle diabolisation massive de l’islam.
Mon second souhait est qu’en réaction aux nombreux a priori et jugements négatifs, vous essayez de mieux connaître cette religion, et ce de façon directe et sans intermédiaire. Une logique saine implique au moins que vous sachiez ce qu’est exactement cette réalité que l’on cherche à vous faire fuir et que l’on vous présente sous un jour menaçant. Je ne vous invite pas forcément à accepter la façon dont j’envisage l’islam ou telle conception particulière à son sujet, mais je vous incite à refuser que cette réalité dynamique et influente du monde actuel vous soit présentée au travers du filtre de desseins politiques peu louables. Ne permettez pas que les terroristes souvent issus de ces mêmes pouvoirs qui prétendent les dénoncer vous soient présentés comme étant les représentants de l’islam. Essayez de connaître l’islam à travers ses sources authentiques et de première main, à travers le Coran et la vie de son Prophète. La question mérite d’être posée : avez-vous déjà consulté directement le livre sacré des musulmans ? Avez-vous étudié les enseignements humains et moraux dispensés par le Prophète de l’islam ? Avez-vous déjà pris connaissance du message de l’islam à travers une source autre que celle des médias ? Vous êtes-vous déjà demandé sur quelle base et selon quelles valeurs ce même islam que l’on diabolise a pu être à la source de l’une des plus grandes civilisations du monde, et constituer le berceau des plus grands penseurs, et ce pendant de nombreux siècles ?
Je vous demande de ne pas permettre que les portraits dénigrants que l’on peut faire de cette grande religion dressent des barrières psychologiques entre cette réalité et vous, vous privant ainsi toute possibilité de jugement impartial. Dans un monde où les moyens de communication ont brisé les barrières géographiques, ne permettez pas que l’on enserre votre esprit dans des limites construites de toutes pièces. Bien que personne ne puisse à lui seul combler le fossé créé entre ces a priori et la réalité, chacun d’entre vous peut, en s’efforçant personnellement de distinguer le vrai du faux, contribuer à créer des ponts fondés sur une pensée juste et libre ; ce sont ces ponts qui contribuent à réduire de tels fossés. Malgré les difficultés inhérentes à un tel défi, cet effort de pensée peut contribuer à faire naître de nouvelles interrogations dans vos esprits ayant soifs de vérité. Et vos efforts en vue d’obtenir une réponse à ces questions constituent en soi une occasion pour découvrir de nouvelles vérités. Par conséquent, ne laissez pas passer cette occasion de parvenir à une compréhension plus juste et exempte de préjugés de l’islam. Ainsi, peut-être, grâce à votre sens de la responsabilité vis-à-vis de ce qui est vrai et juste, les futures générations pourront se pencher sur cette période d’interactions de l’Occident avec l’islam avec une conscience plus apaisée qu’auparavant.

Seyyed Ali Khamenei
21 janvier 2015